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L'insasiabilité des hommes et la caution démocratique




« Fin des certitudes » titre le journal les échos le 2 février 2009. A Davos, le monde se retrouve dans un certain désarroi. Le monde avec toutes les puissances qui le compose et tous ceux qui « tiennent le système »


Alors que depuis 50 ans, le monde occidental avançait, bardé de certitudes : libéralisme, capitalisme, marché, économie... ouverture des frontières, mondialisation... démocratie..., c'est en 2008, que ce modèle commence à s'effondrer. Il s'effondre pour quelles raisons ? Il s'effondre parce que tous les modèles théoriques construisent des logiques d'actions qui n'arrivent pas à colmater, à prendre en compte, à neutraliser, à endiguer les potentielles dérives des hommes.


Sous couvert d'une compréhension, d'une application des règles qui dominent à un moment donné ou à un autre, immanquablement un groupe d'hommes sait s'appuyer sur les lois pour « organiser à grande échelle » leurs détournements ou bien leur exploitation. Il ne s'agit plus de l'exploitation directe des hommes, en l'occurrence, il s'agit désormais de l'exploitation des richesses.. et seulement incidemment et secondairement des hommes qui les fabriquent. Cette distanciation en fait une forme de domination plus « douce ». 


Ainsi pourrait-on décrire ce qui nous arrive aujourd'hui. La domination est devenue d'une certaine manière plus abstraite et mieux structurée. Elle passe par le fait d'appartenir à des groupes d'activité qui cumulent et accumulent les richesses. Ces « hommes » là, venus de tous pays, s'enrichissent à milliards sur le dos des autres. Ce n'est pas qu'ils ne travaillent pas. Au contraire, souvent ils travaillent durement : mais ils sont dans des domaines ou l'argent fini par faire des petits tous seuls...Ce n'est pas qu'ils ne respectent pas les lois : du moins en partie. Ils ont mis la main sur les mécanismes qui régissent l'économie et la font évoluer dans le sens de leurs intérêts. Les lois "démocratiques" finissent par épouser leurs intérêts, parce qu'ils sont avec leur puissance d'appartenance, dans la capacité à les infléchir.

Ainsi, un nouveau système de captation des richesses s'est installé et toute la machine s'est organisée autour. Les plus riches ont les moyens d'acheter tous les échelons intermédiaires, eux aussi payés grassement afin de se taire en en bénéficiant à moindre échelle, et d'alimenter les logiques de ces plus riches. Et la force de ce « système »est que les organisations finissent par être dépendantes de ces logiques.

Car le grand patron va aussi cotiser aussi à hauteur de ce qu'il gagne pour la sécurité sociale et même si des sommes énormes lui échappe, le système à un moment donné à besoin de ces sommes énormes pour fonctionner et maintenir son équilibre. Le fabricant de voilier à besoin du grand patron pour vendre et si le système s'effondre, il ne vendra plus de voiliers de luxe. Le gérant du palace à besoin de ce public gorgé d'argent pour vendre une nuit à 30 000 € c'est à dire plus que  ce que gagne un salarié en une année ! Que deviendraient des millions de maisons « grand luxe » s'il n'y avait plus les gens riches pour les entretenir. Quel est le poids du mécénat dans l'art , dans l'action humanitaire ? Comment construire les projets pharaoniques de demain s'il n'y a plus de milliardaires ? qui investira ?


Jusqu'à ce qu'un moment, et ce moment semble arriver, ou toute ces logiques empilées se cassent la gueule. On a l'impression d'assister à l'effondrement d'un château de cartes. Pourquoi ? Peut-être parce cette organisation là, à l'échelle de toutes les organisations successives humaines, finit par s'auto-détruire. Peut-être parce qu'elle a, elle aussi, un bout, une fin... sans doute, parce qu'il y a un moment, où, elle n'a plus les moyens de sa propre régulation.


Il y a une curiosité monstrueuse, à considérer que depuis une vingtaine d'année, la dénonciation des écarts de richesse n'a produit, comme souvent d'ailleurs « les énonciations d'un fait semble décrire le fait tel qu'ils sont en train de se produire » ( J.Chirac dénoncant la fracture sociale, comme s'il désignait ce qu'il était en train de faire), la dénonciation des écarts de richesse intervient au moment ou ces écarts augmentent et qu'il n'y a plus de moyens de les stopper. La dénonciation des salaires des grands patrons depuis quelques années, s'est     s'accompagnée d'un frénétique mouvement d'augmentation de leurs salaires, de leurs bonus, des stocks options, tous ces mécanismes inventés pour alimenter les plus riches et ce depuis quelques années..

La machine est-elle devenue folle ? Et quel est le grain de sable qui s'est mis en travers ?


Ce qui s'est mis en travers, c'est que comme tout système, stratifié progressivement par les hommes, ces apprentis sorciers talentueux, il y a un moment où, cela ne veut plus rien dire... ou l'excès finit par tuer le système, ou, l'incapacité à se limiter, la quête du toujours plus mène le système à son terme, où, la machine n'est plus maitrisable …. et même les règles complètement perverties, détournées, ne fonctionnent plus.


Ce qui sans doute caractérise le système actuel en train de s'effondrer, c'est qu'il avait la particularité d'être installé à l'ombre de la « démocratie », formidable caution pour durer ... Il avait réussit à « embarquer » des gens sans doute plus nombreux d'autrefois et suffisamment nombreux pour tenir un peu mieux. Et c'est cela sans doute, qui lui a permis de tenir aussi longtemps.


En effet, pendant que quelques milliers d'hommes à travers le monde se gorgeaient d'argent, et bien pendant ce temps là, pour le petit peuple, on parlait de démocratie... et même aujourd'hui de démocratie participative ! Que l'on pourrait traduire par le slogan suivant « riches et possédants cherchent nouvelle caution pertinente »

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