immense comme l’océan
profond comme la mort
de peine il est torrent
le chagrin comme l’amant
lové au creux du corps
devient un continent
laissant sur son passage,
les traces d’un ravage
l’enfant derrière une vitre
les mains sur les carreaux
accrochés aux barreaux
lorsque tombe la pluie
les larmes débordent
et glissent lentement
comme si cruellement
rouleraient les tourments
ou soubressauts du corps,
vibrant comme un ressort
des sanglots s’échappent
et se répandent alors
comme des pluies torrentielles
ces larmes cruelles
chercherait un chemin
jusqu’au bout d’un chagrin
immense et sans fin...
violent comme un volcan
qui soudain se déchaine
quand ses laves déversent
d’énormes rouleaux de peines
il met à la rue
laisse la terre nue...
les larmes ruissellent
le chagrin, lac de sel
aux berges désolées
et la terre est à terre
par les larmes baignées
quand il remonte soudain
du tréfond, d’un lointain
comme une mémoire ancienne
derrière des persiennes
qui filtre le soleil
ombre devant le ciel
goutte à goutte il s’étend
jamais il ne s’éteint
comme tangue le temps
trop cruel et si vain