ne jamais dire toujours,
à propos de manger,
au sujet d’un baiser,
à propos de l’amour
ne jamais dire jamais
jamais je ne trahirai,
car qu’est-ce que l’on en sait ?
on ne le sait jamais...
si on croit toujours
ou mènera l’amour,
on ne peut jamais dire
à jamais, pour toujours
je t’aimerai...
et si on le disait,
sommes-nous sûrs que c’est vrai ?
j’étais un enfant sage,
un adolescent violent,
jeune adulte opposé, révolté
j’avais juré ne jamais travailler...
que valait ce jamais ?
la promesse d’un jour,
et puis vint l’amour,
trame d’un toujours,
lorsqu’il devint défunt,
le toujours redevint
jamais plus dans ses bras,
l’épilogue d’un toujours
la fin d’un amour
ne vaut pas un discours...
ce drame d’un toujours,
redevint à jamais...
un souvenir serein
un peu brumeux,
lointain
je suis aujourd’hui un bourgeois installé
un organisateur né,
un lecteur des lois respecté..
avec la terreur du jamais...
et j’ai perdu toujours,
errant dans ses détours
vivre au jour le jour
quand on sait à jamais
qu’il y a peu de toujours
mais un nouvel amour,
est né au mois de mai,
et ne sait-on jamais ?
s’il durera toujours ?