articulant la vie
distributeur de morts
les mots toujours, encore..
l’hébétude,
se taire, se taire,
ils organisent la peur autant que l’indécence
ils trament la vie,
dissimulent les sens
nés pour dire oui
ils déroulent les chaînes
dont s’enroulent les maux
d’un vaste jeu de haine,
les mots bégaient le quotidien
tissant des liens humains,
souvent si incertains
Lorsqu’ils disent l’ amour
ils vibrent doucement
comme une échappée
une pause dans les tourments
là où domine la
faim
les mots disent demain
là ou règne la haine,
ils trébuchent soudain
sous les coups de fusils,
ils gisent assassinés,
sous les coups de canons,
ils flottent éparpillés,
avec le nucléaire,
ânonnant lentement
la lente rongée des chairs
ils râlent longuement
plus loin sera meilleur
disent les mots de la mort
et distordus les corps
disent les mots de la peur,
au centre de la faim, de la haine,
fusillés en plein cœur
quand perdure “j’ai faim” ou encore “ j’ai peur”
les mots ne disent plus rien...
alors outrepassés
pour décrire l’ horreur..
mais pour continuer
il faut encore des mots
pour donner des raisons
en façonnant des sons
sur les monceaux de cadavres
ériger des tourelles,
créer de nouveaux havres
une grammaire nouvelle
et des mots intriqués,
des règles et des lois
comme écrans de fumée
un recommencement,
qui pourrait advenir
des mots rénovés
veulent construire l’avenir
lorsqu’ils errent penauds
les yeux dans les mots
et les mots ont si froid...