avec de lourdes branches recourbées vers la terre
au coeur de la ville et comme un émigrant
ou près d’une colline, blotti contre le vent
sous l’écorce de l’arbre vit un coeur centenaire
il a vu défiler des hordes d’enfants joyeux,
inventant dans ses branches des jeux tumultueux
balançant dans le vent de sa sérénité
cet inquiétant mystère de temporalité
taillés dans son écorce des coeurs sont enlacés
des noms qui tendrement un jour s’y sont gravés
et racontent à chaque fois une histoire nouvelle
comme la répétition des amours humaines
rhizome et trames de nos altérités
racines enchevetrées courant sous les parvis
qui observent les hommes bâtissant sans répit
et courant sans relâche pendant leur courte vie
saules qui pleurent et peupliers des cours
ou iront donc vos troncs tout pénétrés d’amour ?
alors coupés à coeur, ces coeurs de toujours
quand l’âme de l’arbre à peine serait-elle née,
avec l’homme pourrait bien s’envoler en fumée