déserte, à perte de vue,
la rue de mon quartier,
est une rue toute nue...
seules trainent les voitures,
rangées près du trottoir,
la rue de mon quartier
est une rue dénudée
elle n’a pas de façades qui invitent à entrer
rien que des boites aux lettres,
pour des gens très discrets
grouillante de passants
c’est une autre rue,
où chaque jour les badauds vont vaquer
arpenter le trottoir le nez sur les vitrines
la rue est maquerelle et les foules piétinent
c’est une rue riche du matin jusqu’au soir,
pour gagner de l’argent une rue pleine d’espoir
ou s’affairent chaque jours des quantités de gens,
une rue désolante ou errent des fantômes
des montagnes d’immeubles comme d’immenses dômes
que l’on traverse vite pour se dissimuler
dans les cages d’escaliers aux murs souvent taggés,
les ascenseurs puent d’une pisse protestant
contre ces cages à poules où s’entassent les gens
derrière une porte chacun dans son carré,
un sourire vous accueille,
seul ilôt avenant,
la rue n’est même plus rue,
elle est parking géant, espace d’agression,
zone de violence et de désolation
les arbres qui y résistent
en crèveraient de compassion,
la rue de mon quartier lui ressemble à peine,
celle de l’autre quartier concentre de la haine,
il est dans une rue,
errant dans un espace,
les portes sont fermées
un numéro, un nom,
la où serait sa place,
il cherche sa maison
et n’en trouve pas de trace...