Malaises dans la société française,
Une des recettes les plus fréquemment utilisée en France, consiste, quelques mois avant d’engager un rapport de force visant à faire passer une nouvelle mesure, à méthodiquement « saper » tout un
pan professionnel. Lorsque ce travail de préparation ( ?) est terminé, lorsque les esprits sont biens échauffés « contre ceux qui sont visés » le gouvernement annonce les mesures qui vont, de son
point de vue, améliorer la situation ( ?).
D’ailleurs, il suffit désormais d’écouter attentivement, pour identifier qui est dans le collimateur de discours négatifs pour deviner où vont porter certaines prochaines propositions de réformes.
En ce moment, les fonctionnaires sont fustigés. Et pour cause, il s’agit de les réduire, donc de démontrer qu’ils ne sont pas spécialement utiles au bon fonctionnement de la société, en
tout cas, qu’ils sont beaucoup trop nombreux pour ce qu’ils ont à faire.
On peut quand même s’apitoyer devant l’énormité des annonces politiques consistant à dire que l’on va réduire le nombre de fonctionnaires, alors qu’il semble s’agir principalement de déplacer la
charge des fonctionnaires d’état, vers la fonction publique territoriale qui elle depuis une dizaine d’année gonfle régulièrement.
Lorsque l’Etat va dire, ça y est ! moins de fonctionnaires ! j’ai tenu mes engagements.
Qui dira le contraire ?
Les régions, les départements, les communautés d’agglomération, les communautés de communes qui elles auront vu quasiment mécaniquement augmenter leurs effectifs notamment à travers les lois de
décentralisation.
Les gouvernements n’ont-ils pas d’autres stratégies possibles pour faire croire qu’ils orientent, infléchissent, voire modernisent la société alors qu’ils ne semblent utiliser leur énergie que pour
« organiser à grande échelle » des leurres, des bourrages de crâne consistant à « mettre dans son camp tous ceux qui ne sont pas » fonctionnaires en l’occurrence, mais à d’autres moments, les
médecins, les dentistes, les chômeurs et donc les agents de l’ANPE …etc… ?
Je peux comprendre, comme sans doute la plupart de mes concitoyens la difficulté de s’adresser à autant de monde à la fois sans risquer de déplaire à tous les coups.
Pourtant, il me semble qu’il y a tellement d’énergie perdue à construire d’énormes échafaudages mensongers que je ne peux pas m’empêcher de penser qu’il doit être possible de faire autrement ?
Bref, de quoi s’arracher les cheveux. Les personnels politiques ont tous du lire Machiavel.
Nous autres, citoyens de base, devrions acquérir de bons morceaux de leur culture afin de repérer leurs stratégies. A quand des cours de stratégie politique à l’école ?
Ce pourrait être une contre stratégie de masse, pour essayer d’assainir un peu cette situation ?
On pourrait dire d’ailleurs, que les français ont bien assimilés la méthode , car en face de ces « attaques tout azimut de corporations diverses et variées, les français réagissent de manière
symétrique, en dénonçant « tout le personnel politique ». Œil pou œil, dent pour dent !
Par ailleurs, on dit souvent que la France ne peut pas être dans la négociation mais uniquement évoluer à coup de conflits.
Lorsque j’ai l’occasion de participer à des débats sur des questions qui n’engageraient pourtant pas l’avenir du monde, j’ai constaté, que la passion était telle, qu’effectivement, il semble
difficile de ne pas « s’entretuer ». Ce qui m’a frappée, c’est qu’il semble très difficile, tout simplement d’ exposer des points de vue différents, car si l’on a le malheur de ne
pas être dans le camps de ceux qui sont le plus convaincus et donc les plus vindicatifs à un moment donné du débat, alors on passe pour une sorte de monstre et l’on déclanche des
véritables réactions haineuses. C’est vraiment dans le tout ou le rien…
Pourquoi donc tant de haine ? tout cela n’est pas très rassurant. En tout cas, tant qu’il n’est pas possible d’avoir des échanges posés lorsque s’expriment des points de vue différents,
Il semble alors logique de n’avoir pour responsables politiques des gens qui ont d’abord l’art du contournement ou bien un art de la stratégie et qui jamais au grand jamais ne
dévoileront leur opinion.
Et pour cause, qui voudrait se faire insulter comme si le sort du monde dépendait de la place d’un panneau indicateur au bord d’une route ? ou bien encore, à cause de l’ouverture d’une crèche
à 7 heures au lieu de 7 heures 30 ?
La nature « des échanges » qu’il y a en France est très étrange…Ne serait-ce pas un sujet d’importance que l’on devrait plus envisager ?
Dans ces conditions, comment donc est-il possible d’aborder de vraies questions complexes comme celle du financement de nos retraites ? comme celui de notre société de chômage ?
Qui pourrait nous expliquer pourquoi François Mitterrand a décider baisser l’âge de la retraite à 60 ans en 1981 et que 15 ans après, il faille ( sous peine de catastrophe nationale) la
remettre à 65 ans voire plus. Les gens de gauche notamment, devrait avoir quelques éléments d’explication à nous fournir ? une hypothèse qui m’a été donnée récemment serait de dire que
Mitterrand faisait de la politique et qu’aujourd’hui le gouvernement fait de l’économie ? (…)
Faire de la politique ne consisterait-il pas finalement à gommer ses propres opinions pour être devenir une surface d’absoption de celle de tous les autres ? ou en tout cas d’une
majorité d’entre eux ?
Ainsi donc, la politique serait un peu l’inverse de ce que l’on imagine dans un premier temps : il ne s’agirait pas de défendre des opinions et donc d’avoir de fortes convictions, mais d’être
suffisamment souple pour se couler dans les opinions majoritaires qui traversent un pays… et suffisamment stratège pour éviter d’avoir des opinions trop affirmées, ce qui permet de durer…
Tout ce développement ne répond pas aux questions évoquées mais c’est quand même un motif de satisfaction que d’avoir réussi à les exposer.