L’autre jour, une amie m’a raconté qu’elle avait été voir son gynécologue. La consultation se passe normalement et puis, elle demande au médecin s’il peut lui renouveler une
ordonnance qu’elle a pour une maladie qui nécessite un traitement permanent. La gynécologue lui dit non.
Comme elle insiste un peu, le médecin lui dit « ah non, vous comprenez, je n’aimerais pas qu’un confrère fasse une ordonnance à ma place et donc je n’en ferais pas à la sienne ». Cette amie
dit au médecin, « mais, le traitement ne va pas être modifié, si la situation changeait, ne vous inquiétez pas, je saurais bien aller voir le médecin »
Mon amie revient me dit qu’elle n’a rien voulu savoir. Alors, elle va devoir de nouveau aller son autre médecin pour renouveler son traitement. Elle est outrée car il va falloir qu’elle
dépense encore 20 euros minimum (enfin de la sécurité sociale principalement) uniquement pour faire renouveler cette ordonnance.
Y’a de l’abus, me dit-elle. On dirait que parfois les médecins organisent leur confort financier.
Ils séquencent tellement leurs actes, que l’on a l’impression qu’il s’agit de nous faire revenir pour être sûr qu’ils vont avoir de la clientèle. Peut-être s’agit-il d’une dérive ? dans certaines
régions, il y a tellement de médecins, qu’il faut peut-être traiter par tout petit bout pour multiplier le nombre de consultations ? tiens, voilà une étude qu’il faudrait faire. Mais peut-être
est-t-elle déjà faite ?
J’ai souvent, pour ma part, en allant chez le médecin hésité à parler d’autres petits problèmes que celui de la grippe pour lequel je suis venue consulter. C’est vrai, j’ai toujours l’impression
d’avoir à faire avec des gens très pressés et dont je ne dois pas faire perdre le temps. Alors, tant pis, la verrue qui apparaît attendra quelques mois et une autre consultation.
Il y a une sorte de pression qui s’exerce.
Bon, je me demande si je dois continuer à écrire sur ce sujet. C’est vrai, imaginons que mon médecin tombe là dessus. Je risque qu’il me colle un mauvais médicaments ( un truc qui file la diarrhée
par exemple, ou bien un autre qui me donne des boutons …) pour me punir d’avoir critiqué sa corporation ?
L’espace pour exprimer une idée, une opinion est extrèmement étroit. Comment peut-on mettre en cause quelques pratiques sans immédiatement être taxé de « tout critiquer ». Comment peut-on décrire
une situation un peu tendancieuse sans qu’immédiatement on puisse être accusé de déformer la réalité, d’en vouloir à tous les professionnels du secteur ?
Est-ce que l’on n’est pas amenés à écrire en ne faisant plus que contourner les problèmes par peur de passer pour excessif ?
Bon, dans l’ensemble, les médecins sont des gens extrèmement compétents. Si, si, je le crois.
Bon d’accord, je l’écris par opportunisme, mais je peux quand même le penser. Je parle des médecins mais je ne perds pas de vue mon objectif principal qui est de trouver des motifs de satisfaction.
J’ai réussi à dire combien il semble difficile de dire ! Et puis, j’ai critiqué « soft », cela fait deux motifs de satisfaction.