actualité, poésies, autres textes
Pour cela, il existe au sein de chaque parti, des bureaux qui travaillent en permanence et qui savent tout sur tout. C’est leur boulot. Ils élaborent
des dossiers sur tous les sujets imaginables, au fil de l’actualité. En tout cas, ils ont une « position » sur tout.
Cela aide bien. Il suffit de les contacter pour avoir une « position officielle » avec les arguments qui vont avec. C’est pratique. Lorsque vous ne savez pas, et bien vous savez quand même.
« Le bureau de la position officielle » aide bien quand on n’a pas le temps de se « forger » une opinion. Ainsi, les « politiques », ils ont toujours une longueur d’avance sur nous. Nous on passe
beaucoup de temps à lire des articles dans la presse, à faire une synthèse, puis petit à petit à avoir une opinion personnelle qui se construit.
Les « politiques », ils font tout en accélérer : ils ont simultanément, l’information, la synthèse, la position officielle et les arguments. Évidemment, ça fait gagner beaucoup de temps. C’est
pour cela, que l’on est parfois pétri d’admiration pour eux, lorsqu’on les écoute, développer un sujet longuement, un sujet sur lequel, la veille, il ne savait strictement rien.
C’est pour cela aussi, que fréquemment, ils font des bourdes parce qu’ils n’ont pas eu le temps de consulter le bureau officiel.
Alors parfois, ils sont obligés de faire le grand écart, entre une affirmation qu’ils auraient faite à un moment donné, et puis, la position officielle tombe et elle est à l’autre bout de
ce qu’ils ont dit. Imaginez, là, ils sont mal. Ils vont donc devoir tricoter les espaces petits à petits pour réduire les écarts. Ou bien, ils pourront dire, qu’après réflexion, ou bien parce
qu’ils ont pris en compte des éléments supplémentaires, leur position a changé. Les « politiques » moins importants », ont plus de mal à accéder aux bureaux officiels. Ils font plus de gaffes.
Les « grands politiques » ont en plus des cabinets qui tiennent à jour les positions officielles principales. Ils sont briefés beaucoup plus rapidement.
C’est tout un travail, et même un travail artistique, car une position officielle peut aussi évoluer en permanence. Imaginons qu’un « politique » développe longuement la position officielle,
pendant que son cabinet reçoit des instructions sur la nouvelle position officielle.
Tout cela n’est pas absolument choquant ou scandaleux, même si cela fait un peu industriel. C’est même surtout fascinant. Pour que cela change, il faudrait bien admettre qu’un « politique » est
comme vous et moi. Il n’a pas « magiquement » une connaissance infuse. Lui aussi il hésite, il ne sait pas toujours.
Vous ne me croyez pas ?
Vous verrez bien quand je ferai de la politique. Moi aussi, je saurai tout sur tout.