Les modalités de réforme des collectivités territoriales proposées dans le rapport Balladur consiste notamment à spécialiser les collectivités Régions et
Département, en leur retirant la clause de compétence générale. Ce faisant, cela risque aboutir à une « fonctionnalisation » de leur rôle. En effet, leur champ d'intervention très
technique et très encadré leur retire une grande partie de leurs prérogatives « politiques » pour en faire des outils « techniques ». Dès lors même, on peut s'interroger sur la
nécessité d'élire des représentants politiques essentiellement chargés d'appliquer des dispositions principalement fixées par la loi. Dans cette lecture de la réforme, ne faut-il pas lire d'abord,
une dépolitisation de ces instances qui sont alors ramenées à une gestion technique.
Dès lors, ne peut-on pas appréhender ces décisions comme relevant d'une dépolitisation de ces grandes institutions ? Ou bien encore, donc s'inquiéter d'un très fort recul de la démocratie
locale.
Aussi, telle qu'elle est présentée, cet aspect de la réforme Balladur pourrait s'apparenter à une impressionnante « recentralisation » des pouvoirs politiques avec un retour vers l'Etat
des principales décisions et initiatives possibles.