actualité, poésies, autres textes
le fleuve était paisible et il s'en retournait
il roulait lentement jusqu'à son estuaire
et après son passage ses bordures brillaient
de l'eau salée de mer déposée sur la terre
les cabanes de pêcheurs tenaient tout de guiguois,
avec leurs longs piliers tous tordus et en bois,
le soleil éclatait et les hommes dehors,
goûtaient tranquillement la beauté du décors
la marée ce jour là vers Bordeaux repartait
comme 2 fois par jours inlassable elle le fait
glissant imperturbable sur le même parcours
guetteur faisant de grands allers/retours
des grands arbres arrachés sur ses bords gisaient
souvenirs de récentes tempêtes
et dans ce paysage redevenu champêtre
ses rivages oubliaient les vagues du mascaret
à la terrasse d'un café des couples attablés
évoquaient tranquillement la pureté d'une journée
on se croyait soudain dans une vie rêvée
lorsqu'il suspend des jours les moments accablés
dans ces bourdonnements humains apaisés
quand se dit la nature et la vie quotidienne
projetés ainsi dans une humeur ancienne
quand il n'y a plus qu'au loin le bruit de la télé
dans un temps suspendu aux rayons du soleil
lorsqu'il tait les tensions ou les met en sommeil
lorsque l'on flâne ainsi on a parfois au coeur
l'intense sentiment de palper du bonheur
reprendre sa voiture,et reprendre les files
retrouver les turpitudes de la vie à la ville
mais garder jalousement niché au creux du corps
ce sentiment profond d'avoir trouvé l' accord
celui d'avoir vécu de bienheureux instants
que la vie sait parfois subtiliser au temps.