l’ homme qui vit avec l’alcool
voudrait dans ces vapeur
s folles,
taire à jamais l’horreur
quand le monde hoquète de malheur,
l’alcool est un calmant
pour contenir ses errements
il cherche à calmer ses angoisses,
comme la vie sans cesse le fracasse,
l’alcool comme l’horreur de soi,
la vie comme un ultime poids,
l’ effort intense pour oublier
que l’on ne peut jamais vraiment s’aimer
la mort dans le ventre,
elle réchauffe ses entrailles
elle explose, elle l’ enfante
pour le plaquer dans l’épouvante
vouloir élucubrer cent ans,
lorsque le vin réchauffe le sang
l’alcool recouvre un monde trop vain,
quand il n’y a personne et plus rien
lorsqu’ on a perdu toute foi,
des autres et d’abord de soi,
l’alcool comme un miroir,
pour hair son visage déformé
gonflé de vinasse et de désespoir
être pour soi-même ce monstre enfanté
et dégueuler la terreur qui s’enroule
comme son histoire devenue saoule
l’alcool béquille de chaque pas,
éructe mais ne parle pas,
dans les méandres des faux-fuyants
le vin à grosse goulée ment,
il aspire comme un dément
pour aller encore désespérément
il dit comme une rage blanche
lorsque toutes les émotions flanchent
lorsques la souffrance s’accumule
dans un quotidien en bascule
l’alcool pour que les autres vous haissent
implacable coule dans ses veines
alcool de sa monstrueuse peine,
la vie suspendue à son vice
se saisir d’une bouteille
comme d’un sein que l’on tête
se tordre et se boucher les oreilles
mais les railleries de la vie s’entêtent
lorsqu’il s’accroche au goulot
de son corps s’échappent des sanglots,
il n’y a déjà plus de mots,
l’acool est comme un soubresaut.
les autres sont toujours des ennemis,
ils le regarde parfois avec pitié,
homme chaque jour imbibé,
et ils cognent encore plus fort
car l’alcool parle de la mort,
l’alcool biberon que l’on tête
est un symbole de défaite
quand les autres vous haissent
il est impossible d’être celui-là
les” biens portants” vous maudissent
d’incarner cette humanité là
y-at-il la lumière d’un espoir,
qui dénouerait le désespoir,
l’alcool dirait l’ existence noire
quand un soi-même ne suffit pas
il reste alors la chaleur du bistrot
pour avec d’autres poivrots
chercher dans les gros mots,
de soi, un encore plus salaud
que l’on traiterait comme un chien
pour bredouiller la vie sans fin
l’alcool dit une vie de désastres,
lorsque elle écrit dans les astres,
l’errance d’un désormais poivrot,
qui accumule dans ses viscères
les traces d’un monde qui désespère
homme plein d’une terreur animale
dans l’horreur d’être et de faire mal
qui réparerait le monde félé ?
il n’y aura jamais personne
car l’ alcoolique détonne,
et pour réparer son immense chagrin
il faudrait pouvoir l’aimer sans fin
avoir dans ses pauvres tripes,
l’horreur du monde alcoolique
d’où parfois émerge une parole,
celle des amours toujours cruelles
la vision toujours trop folle
des fautes graves et irréelles
vestiges des terreurs anciennes,
de la main qui vous frappe,
lorsqu’elle frappe paienne,
la vie passe à la trappe
vieilles tortures gravées dans le corps,
en buvant son désespoir
pleurer et tendre vers la mort