il n’y a pas de projets,
quand l’élan est figé
alors monte le rejet
on parle des émigrés
il n’y a plus grand-chose
à quoi se rattacher
alors qu’on désespère
vive les bouc-émissaires,
un plus petit que soit
voila ce qu’il nous faut
à mettre tout en bas
lorsque l’on est en trop
un autre à détester
si je ne comprends pas
il aime le café
je bois du chocolat.
le coeur plein de rage
cassé par le chômage
il pense à l’étranger
qui n’a pas de papiers
il est très insolent
et gagne un peu d’argent
celà me rend méchant
quand vient la pauvreté
il sait bien travailler
en bredouillant français
je ne sais pas parler
pourquoi lui, il le sait ?
que sont toutes ces questions
qui renvoient à la honte
lorsque dans un pays
on nomme des ennemis
dans un quotidien noir
quand nait le cauchemar
il reste les étrangers
sur qui se rassembler
pour faire un corps social
truffé comme un gruyère
une société bancale
sur de piètres critères