son billet à la main,
il monte dans le train,
lance un dernier regard,
lorsque l’on se sépare,
puis le train part.
le train file
le paysage défile,
comme un immense fil
pour lier deux villes,
deux espaces/temps,
des espaces/sentiments
semblablement vivants
le train va de l’avant
il s’engouffre dans les tunnels
en dépassant le temps
le sommeil l’enlève,
sommeil de bribes, rêves interrompus,
les annonces graves des arrivées en gare,
dans la nuit noire,
peuplent son sommeil de personnages bizarres,
au réveil,
au lieu des immeubles de la ville
des paysages de montagnes,
puis les collines s’adoucissent,
les espaces à nouveau rétrécissent,
bientôt le train va rejoindre la ville,
rares ceux qui vont dans les hameaux,
car les trains vont de ville en ville,
de Lyon par exemple à Bordeaux
le train servile,
jamais ne déraille,
mais se tient sur ses rails,
c’est le petit matin,
le train entre en gare,
visage un peu hagard,
les odeurs et les sons incertains,
brouillés par les roulis du train
le tournis d’un nouveau matin.