Comme toutes les formes d’art, l’écriture entre parfois en raisonnance avec son lecteur mais d'autres fois, cela ne marche pas.
Cela peut être lié à une multitude de raisons : un thème auquel on n’est pas sensible, une forme de descriptions, un rythme qui ne nous convient pas, voire une histoire que l’on déteste
éventuellement simplement parce qu’elle nous touche trop, parce qu'elle n'arrive pas au bon moment...
A l’inverse une raisonnance se créé parce le livre restitue des idées qui font échos, une histoire qui est en phase avec la sienne ou totalement à son opposé, en tout cas,
qui créé une série d’émotions partagées avec l’auteur.
Aussi, à plusieurs années d'écart, on pourrait aimer ou être indifférent à un même livre.
C’est à cela que je pense au moment de commencer ce glossaire de romans que j’ai particulièrement aimés. Je veux rappeler , insigne banalité que je suis dans la subjectivité. Encore faut-il
le savoir, encore faut-il le répéter et encore faut-il en être convaincu.
J’espère que si certains d’entre vous décident de lire quelques uns d'entre eux, vous les aimerez aussi.
Vous noterez qu’il y a peu de livres dits « classiques » mais aussi, peu de littérature française. Ah, les ravages possibles de l’école ! Enfin, tout n’est pas manqué, le plaisir de
lire existe et autorise toutes les redécouvertes.
Certaines lectures remontent à plusieurs années, aussi le souvenir des détails est imprécis : seul reste la mémoire de moments heureux…
J’indique aussi les livres que j’ai plus particulièrement aimés ou simplement des auteurs s’ils ont beaucoup écrit.
Cette liste est très loin d’être exhaustive. Je continuerai, à d’autres moments perdus…
Pat Conroy : Le prince des marées, Beach Music ( poche)
Des histoires à la fois dramatiques, actuelles et souvent écrites de manière jubilatoires.
Des pleurs, des sourires et des rires. Le drame et ses aspects comiques. Et toujours une immense tendresse… J’ai adoré ces deux livres.
Inès Cagnati : le jour de congé, Génie la Folle ( Folio)
Une écriture magique, tendue, scandée, faite d’implicites où l’imaginaire se glisse dans des récits impitoyables.
Heinrich Bôll : portrait de groupe avec dame (point)
Une même femme décrite par tous ceux qui l’ont connue.
Découvrir la manière dont une même personne peut être perçue très différemment.
Pour ne pas oublier que son seul point de vue ne rend jamais compte de « tous les aspects d’une personnalité» Cette « leçon » est transposable aux idées.
Je pense à Régis Debray expliquant qu’il est possible de « tout aborder sereinement » si l’on accepte d’écouter le point de vue des autres et de discuter posemment, sans s’emballer, sans
s’exciter, en admettant donc, qu’il puisse y avoir des points de vue différents du sien. Difficile exercice !
Fred Vargas : une chaine musicale et poétique dans le monde du polar ( ce n’est pas un titre)
La construction ou la restitution d’un univers très personnel, toujours entre réalité et une sorte de poésie à travers des enquêtes où interviennent des éléments, des
circonstances un peu mystérieux, un peu magiques, un peu irréels. Les énigmes finissent par se résoudre ce qui nous rassure quand même mais cela reste toujours un peu mystérieux,
magique, irréel.. comme l’enquête sur les signes apparaissant sur des portes dans des quartiers de Paris.. l’enquête autour du diffuseur de messages sur la place publique..,
Knud Hamsum : Le monde de Sophie
Pour découvrir des concepts philosophiques à petite dose…
Alison Lurie :
des intellos confrontés à leurs prétentions, leurs névroses, à leurs histoires d’amour identiques à celles de tout le monde mais truffées de « grandes réflexions ». A partir d’un point de vue
d’écriture d’une femme.
Paul Lodge :
Très proche d’Alison Lurie dans la description d’univers un peu intellos et plutôt névrotiques… mais les récits se situent en Angleterre. Un point de vue d’ homme.
.
Barbara Kingslover : l’arbre des haricots et les cochons au paradis
Une très belle histoire pleine de poésie et très bien écrite.
Zamiative : l’inondation
Une des plus belles écritures que j’ai trouvé. Mais est-ce une raisonnance personnelle ou bien une perception objective ? J’ai trouvé un livre magique.
Jim Harrison, légende d’automne
J’ai particulièrement aimé ses deux premiers romans : légende d’automne et… (le titre m’échappe) Ensuite, moins.
Il y a souvent une dimension de « découverte d’un auteur » que l’on ne retrouve plus au bout d’un moment ?
Ron Lewis, Pourquoi j’ai mangé mon père ?
Un récit qui plonge dans l’histoire de l’humanité et qui nous fait retrouver des grandes options qui continuent à s’opposer aujourd’hui : entre l’idéaliste progressiste et conservatisme passéiste,
la naissance du capitalisme, chacun provoque ses catastrophes.
L’homme cependant développe ses connaissances techniques et sa science. Il y a de fameux débats : Faut-il descendre des arbres pour vivre sur le sol ou non ? Faut-il donner son savoir ou bien
le vendre ?
De fameuses descriptions de nos nouveaux savoirs : la découverte du feu, de la viande cuite, de l’art ..
Or, malgré tout, on continue à se reproduire et à augmenter en nombre… sinon en sagesse. Une autre lecture qui pour moi, fut jubilatoire.
Jeanne Cusset : Le problème avec Jane
Une construction très originale et une « trouvaille » dans la forme du livre qui fait son mystère et son charme particulier.
Qui donc peut aussi bien connaître et raconter ma vie dans tous ses détails ?
Voila, Il y en a pleins d’autres, mais ce sera pour une prochaine fois…